mercredi, 26 mars 2014

Ou est l'idole ? Ou est le caïd, le kid, le killer, ou est l'idole ?

Ou comment s’égratigner les plumes un peu plus en toute prévisibilité.

Ce ne fut ni pulsion, ni désir, que de succomber une fois de plus, juste se faire la proie facile d'un sentiment qui nous a ému  jusqu'aux larmes, l'alcool aidant.

Et là, retomber dans la connivence factice. Égarement ? Même pas, consentement... mais c'est trop tard déjà, trop d'implications, passées, présentes et futures.

Le train était déjà en marche. Pas d'arrêt prévu, je ne pouvais qu'attendre l'accident...

 

Et l’accident fut…

Ironie du sort, sur le quai où nous avions renoué un peu plus tôt.

Un vrai, avec cassures, lésions, fractures, multiples…

Ma chute, puisqu’il ne s’agissait de rien d’autre, une bête chute, a précipité la tienne, latente comme toujours, un bon prétexte, une sacrée raison.

De là, tout fut permis : tes déboires, tes délires, tes scandales. Et l’antienne reprit comme auparavant, comme quand on se plaisait à se détruire par orgueil.

Mais le cœur n’y était, plus, j’entends celui qui animait autrefois ma rage, l’autre, celui qu’on arbore triomphant au nom de l’amour – quelle connerie ! – s’était fracassé  sur le pavé avec mes dents. Et la morphine m'avait réduit au chaos.

Je ne voulais plus avoir le dernier mot, ça ne m’intéressait plus, à quoi bon, au risque encore d’endossait une culpabilité que tu te fusses plu à fabriquer de toute pièce et d’étaler à qui veut, surtout à ces âmes charitables qui redorent leur blason en feignant la compassion... avant de vous reléguer en toute légitimité aux oubliettes. Les belles, elles, avaient compris depuis longtemps, leur décence est exemplaire.

Alors j’ai attendu, tapi dans l’ombre, une ombre terrée, lasse de rivaliser avec ta lumière artificielle.

Ce ne fut pénible. Tu avais tant préparé le terrain depuis le jour même où je t’ai connu, que de friche en jachère, je savais ta semence infernale incapable de croître encore en mon ego.

Il ne manquait plus que l’estocade fatidique, elle vint elle aussi, la vie et ses aléas m’ont accordé grâce, un piège facile, simple, un mirage ; tant assoiffé de vengeance, tu y as sauté pieds joints.

Je t’ai laissé me planter le couteau de l’Adieu sans riposter, ou à peine, histoire de te montrer que je n’étais pas aussi mort que tu le croyais.

Et tandis que tu t’acharnais à m’atteindre, ton masque bas, enfin tes infâmes et  sous-jacents orages dévoilés dans ton regard,  je me gaussais. Jamais exécution ne fut plus risible.

Montrer sa colère à l’ennemi, c’est lui donner sa victoire.

Même si aujourd’hui j’ai suffisamment de sagesse pour ne plus me délecter d’un tel sentiment faussement salvateur.

23:25 Écrit par SOUS X dans L'amour gourd. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : chute, rupture, colère, vengeance, train

vendredi, 19 octobre 2007

Journal. 5 contre 10.

Me rendre dans la capitale hier fut une véritable épopée !
D'abord je faillis rater mon train. Le parking de la gare était bondé et pas une once de place aux alentours, hormis, quoiqu'il n'en restait qu'un seul, ces foutus emplacements payants pour lesquels le temps imparti ne vous laisse l'intérim que d'un aller-retour, et encore si vous ne descendez de voiture.
A la grâce de Dieu pour qu'on ne me flanquât une énième contredanse ! L'infraction possède néanmoins un atout, c'est que vous savez votre véhicule surveillé et incidemment protégé contre les vandales.
L'heure tourne et si la file n'est pas longue au guichet elle est cependant lente, car l'employé derrière sa vitre, entre chaque client, se distraie en taillant une bavette avec son voisin.
Tandis que j'accède au quai par les souterrains, je distingue un petit groupe autour d'un malheureux tendu de tout son long sur le carrelage. Son corps tout entier est parcouru de spasmes violents et d'étranges sons coulent de sa bouche. Crise d'épilepsie...
On annonce que le train aura du retard.
Tant d'empressement pour rien.
Une fois à bord se sera le parcours du combattant. Un problème de tension des lignes l'oblige à rouler doucement et à maintenir d'interminables arrêts à chaque station. Pour la première fois ce ne sont plus les vaches qui nous regardent, mais l'inverse. A une ou deux banquettes de moi un homme excédé s'écrie : " Eh bien pour la première fois que je prends le train, je suis servie ! "
Cellulaire en feu il joint l'entièreté de son carnet d'adresses. Il parle tantôt français avec les uns, tantôt anglais et néerlandais avec les autres. A l'attention de ceux qui partagent ma langue il dit " je serai en retard, le train est bloqué à cause de kateter... euh, caténaires plutôt, qui se baladent tout seul sur la ligne !!!! " A chaque interlocuteur francophone il réitéra son lapsus.
A un moment tandis que la conversation a dérivé sur un autre sujet, il lance : " De toute façon la plupart des coiffeurs sont homos... "  Un coiffeur homo dira peut-être qu'effectivement il y en a pas mal, et alors ! Un coiffeur hétéro, que c'est faux, la preuve, mais qu'effectivement ça existe ! Et les puritains criront au scandale. Soit...
C'est avec 45 minutes de retard que je débarque dans la capitale.
Le périple ne touche pas à sa fin pour autant.
Je dois me rendre à une avenue à deux kilomètres de là, desservie par le tram ou le bus. J'ai pris au préalable mes renseignements sur internet, grâce au site des transports en commun. La ligne préconisée est la 81.
Je prends le premier tram qui arbore le numéro et compte les arrêts. Aucun ne me rappelle quelque chose. Les noms qu'ils portent résonnent sensiblement alors que leur morphologie était, d'après mes sources, plutôt barbare.
Je décide de descendre au suivant, convaincu de m'être trompé. En vérité, au regard d'un plan, je constate que la ligne 81 était, certes, celle que j'avais empruntée, mais qu'elle ne conduisait nullement ou je voulais aller.
Qu'importe pour ne pas m'éloigner davantage, car j'étais bien loin du point de chute désiré, je prends le parti de rebrousser chemin à pieds, en suivant les rails.
Les quartiers que je traverse sont loin d'être sûrs. J'y progresse au pas de course.
Retour à la gare, où il me semble de meilleure augure de me renseigner auprès de guichets compétents.
Le premier ne concerne que les trains et est donc incapable de me répondre, le second le trafic, et me renvoie dans une moue stupéfaite, à un troisième ou mon interlocutrice me regardera longuement dans les yeux en s'interrogeant elle-même avant de souffler ceci : " la ligne 55 "
55 et 81, ce n'est évidemment pas la même chose.
Va pour la 55, mais avant tout je questionne en suivant l'itinéraire du doigt, un autre plan. Mouais, je ne suis pas rassuré mais au fond je n'ai pas le choix.
Cette fois les stations m'évoquent bien quelque chose, je ne suis plus très loin du but. Et par prudence je descends à celle qui est à mon sens la plus proche.
Après encore quelque tergiversations, je finirai par rencontrer la personne avec laquelle, Dieu merci je n'avais de rendez-vous précis.
L'entrevue se passera admirablement bien.
Au retour je préfère faire le maximum à pieds.
Rompu à la pratique maintenant, j'hésite peu concernant la ligne à emprunter.
Le tram est plein à craquer et les bras suspendus aux barres de sécurité, dégagent une désagréable odeur de transpirations mêlées.
Dans le train les places seront chères.
Et enfin en reprenant mon véhicule, je pousserai un soupir de soulagement en ne voyant aucun pv décorer mon pare-brise.
Temps consacré aux transports en commun pour une entrevue de dix minutes : 5h


 

22:58 Écrit par SOUS X dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : train, tram, bus