mardi, 29 juillet 2008

Les papiers de "l'absurdie".

Par erreur, par hasard, à l'issue du rangement nécessaire quand s'entasse la paperasse, j'ai remis la main sur ces cahiers que je tenais avant de me confier au virtuel.
 
Effrayant !
 
De la fin des années 90, jusqu'aujourd'hui, j'ai raconté 100 fois la même histoire, ressassé les mêmes maux souvent avec les mêmes mots, mais à chaque fois de manière différente. Hargne, violence, trouble, espoir, désespoir, tristesse, désir, tournoient en continu.
 
Si j'ai occulté nombreux épisodes,(au point d'être sans mes papiers incapable de les répertorier dans le temps) ou plus exactement la tendance même qui leur était infligée, leur inclination à la débâcle, c'est que par dessus tout j'ai encore puisé au fond de moi, une farouche autant qu' inexpliquable volonté de poursuivre autrement.
 
Les pages d'avant le nouveau siècle et d'après à son tout début, témoignent encore de ce que l'on peut appeler engouement. Certes restreint, mais au milieu du fatras de déconvenues, de déception, de non-dit, de silence, de discorde, de rage et de puérilité, il crève fièrement l'obscurité comme un feu de la st-Jean, notamment de la sorte : Quoi de neuf docteur ? Rien, ainsi va la vie. J'ai tout à attendre. C'est sans doute mieux que de ne plus rien attendre du tout, même si on n'obtient rien.
 
Le cahier 2003 fait l'éloge de mes déboires tout en semant les germes narratifs, qui, une fois éclos, pourriront les pages de 2004. De mes actes manqués volontairement ou non, sans trop de trauma, à mon secret (on devine lequel) aujourd'hui dévoilé.
J'avais oublié qu'il m'arrivait de suivre des garçons dans la rue, et souvent au travers les rayons de supermarchés, je les pistais, les talonnais, jusqu'à ce que survienne un face à face minable, une pseudo rencontre, un télescopage tout en douceur, là où à cause de l'encombrement quel qu'il fût, nous pouvions à peine nous croiser ; De l'effleurement voire, du contact brutal de nos torses, je retirais toute la volupté du monde. 
 
Le journal 2004 est donc d'une extrême noirceur. Chaque page est dédiée à ma colère, la haine les détrempe. Une arme de destruction massive contre tous, contre moi ; une phrase pêchée à la volée : je ne suis animé que de vengeance, c'est usant. Mon âme gorgée d'amertume s'étiole à force de ruminer. Chaque jour est un défi, une lutte sans merci, un brise-lames. Il n'est plus lieu d'être... j'ai touché l'automne des idées. Je m'enterre pour deux saisons. Ensuite ? Je ne crois pas que je rééditerai la rengaine...
 
J'ai survécu.
 misc10[1]
 

18:33 Écrit par SOUS X dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : journal, cahier, passe

jeudi, 15 mars 2007

Journal. Terry.

Je croise un visage d'autrefois et je me surprends à rêver. Ce n'est pas la première fois qu'il m'est donné de le rencontrer au hasard d'un rayon de supermarché et c'est toujours pareil, dès qu'il me regarde, me sourit, me salue et parfois me parle, c'est comme si j'étais un lapin promis à la casserole, que l'on dépiaute d'un coup sec : je suis à fleur de peau.
Il a fait deux fois sa vie. Deux femmes, plusieurs enfants.
Je l'ai connu tandis que j'étais encore enfant ; lui à peine adulte, fraîchement marié, est devenu mon voisin. J'avais beaucoup de sympathie pour lui, enfin c'est avec ces mots là qu'à cette époque j'arrivais à décrire ce qu'aujourd'hui je nomme attirance. Il ne change pas. Il n'a pas d'âge, il est intemporel.
Si un jour par une formidable pirouette du destin, un pied-de-nez ou un volte face... il venait à me dire viens là, il n'aurait à le répéter, car déjà je serais là, offert, promis, impatient... heureux enfin.

21:04 Écrit par SOUS X dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : rencontre, attirance, passe