mardi, 14 avril 2009

Au royaume d'Adam.

Il paraît que je fais moins homo adulte qu'enfant !
C'est pourtant aujourd'hui que je le suis plus que jamais.
 
On m'interroge : Mais tu les préfères comment les hommes ?
Au même titre que si l'on me demandait comment je désire manger mes oeufs ce matin.
 
On m'interroge drôlement.
J'ignorais que ma vie sexuelle intriguait autant.
 
Personne ne comprend donc rien ?
Je me fiche des stéréotypes, clichés profils et autres avatars.
Je ne cherche qu'à frôler un semblant de bonheur.
Barbu, joufflu, poilu, ventru...
Mon désir s'en fout quand le potable me sied.
Je fonctionne à l'adéquation pas à la représentation.
 
Tu l'as avoué tard !
Je n'ai rien avoué du tout. Cependant je n'ai rien démenti.
Un coming-out de ma part dans ce contexte qu'est encore le mien, revenait à demander pardon.
La courbette n'en valait pas l'enjeu... banni pour banni.
 
Au fond, pour beaucoup encore, malgré leur condescendance et ce qu'ils nomment injustement compréhension et tolérance, alors qu'il ne s'agit que d'une vaine entorse à leur moralité bétonnée - et puis ils peuvent se les carrer bien profond leurs bons sentiments - je suis et reste une bête curieuse.

18:25 Écrit par SOUS X dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : homosexualite

samedi, 28 février 2009

Pourquoi on me tue ?

A force d'avancer à pas feutrés, je n'ai que retardé une échéance fatale.
Ma déroute n'en valait aucune autre.
Mais mon existence a glissé comme de l'argile, pétrie, broyée entre des mains aux ongles carrés.
J'ai été sage, trop sans doute, confiné dans mon rôle de petit raté sans envergure, tout en discrétion. Je ne déplaisais à personne ou presque.
En montrant les dents, je perdais de mon cachet et gagnais en horreur.
Le courage n'a rien d'exceptionnel galvanisé par l'espoir et la déraison.
Je suis devenu un monstre aux dires de ceux qui étaient les miens bien malgré moi, on ne choisit pas sa famille, parce que mon cauchemar est le leur et inversement.
Mes billes dans le caniveau, emportées vers quel marécage ?
Je m'évanouis dans les airs empuantis de la guerre perpétuelle dont chaque palier est plus inaccessible mais vers lesquels inexorablement je me hisse.
Mon passé est décomposé, mon présent en miette, mon avenir en transit.
Perdu !
Mon homosexualité est ma plaie, je n'ai voulu que vivre.
Pardon.

19:36 Écrit par SOUS X dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : homosexualite, deraison, plaie

mardi, 15 juillet 2008

De la grandiloquence au n'importe quoi.

Dans la rue où j'habitais autrefois rien n'a vraiment changé, la plupart de ceux qui y vécurent au temps où nous y partagions nos jeux, y vivent encore. Ils ont certes déménagé, mais de quelques maisons à peine du cocon familial.
C'est pourquoi lorsque je rends visite à ma grand-mère, il m'arrive de croiser ces êtres dont l'enfance à tourbillonné avec la mienne ; comme ce fut le cas ce samedi.
N. est de quatre ans mon aînée. Nous nous aimions beaucoup.
Il ne s'agit pas ici de retrouvailles de longues dates qui laissent présager effusion et larmes de joie.
Je ne suis parti que depuis cinq mois et j'ai eu mainte occasions de discuter avec elle depuis. C'est une énième rencontre, qui ne vaudrait pas une ligne, si notre conversation n'avait à un moment emprunté une voie plus insidieuse que celle du simple bavardage auquel nous sommes rompus
J'ai oublié par quelle dérive à un moment mon homosexualité fut évoquée. Je me souviens seulement qu'il y eut équivoque, je n'y faisais guère allusion mais mon propos fut mal compris. Croyant que j'écartais là, la pierre qui scellait mon tombeau, N. s'y engouffra.
- Je n'est pas été surprise de le savoir, dit-elle, car je l'ai toujours su. Ça se voyait, tout petit déjà. Et à la personne qui me l'a révélé j'ai rétorqué "... oui et alors ? Qu'est ce que ça peut bien te   foutre ?"
Je n'avais pas conscience que ma popularité au sein du village fut à ce point que les habitants parlent entre eux de mes préférences.
Bon, je fais l'impasse sur l'insipide soupe de banalités surgelées qu'on ne m'a déjà que trop servie en pareille circonstance : Tu es comme tu es... ça ne fait pas de toi quelqu'un d'autre... on t'aime comme ça...
Et sur les plaisanteries (innocentes ?) résolument douteuses, vecteur d'un certain malaise- mais auxquelles je prends part sans me vexer, à quoi bon - faites à l'égard de son récent conjoint qui, à nos côtés, suivait à peine l'entretien, de toute évidence pressé de se glisser sous la couette : Attention J. car M. - c'est à dire moi - risque de te sauter dessus.
Me voilà relégué plus bas que terre avec une belle maladresse.
Pour beaucoup, préférer les hommes, c'est les aimer tous, sans distinction, ce n'est aimer qu'un corps, au pire une queue, comme si le goût, les affinités, la séduction, le fondement même des relations humaines n'avait sa place dans l'antre d'infamie qu'est encore à leur yeux, l'homosexualité.
Nous nous sommes quittés en jurant que nous nous aimions.

jeudi, 06 décembre 2007

Journal. Qu'est ce que tu deviens ? Je ne deviens pas, je suis !

A la vitesse d'un cheval au galop.
C'est ainsi que j'égraine mes journées.
Vendredi : resto avec mes ex-collègues. Une sorte de dîner d'adieu. Adieu provisoire, ni trop loin ni tout près.
Comme il est de bon ton de parler de l'homosexualité au moins une fois dans sa vie, à un moment la conversation s'en empare.
Quelqu'un dit : J'ai vu une émission ou un homme s'était fait mettre des seins mais il avait garder son z...
Quelqu'un d'autre dit : Mais alors il fait comment quand il fait...
- C'est sûrement anal.
-
C'est un transsexuel.
- Non c'est un hermaphrodite.
- Mais non c'est un travesti.
- Et un métro sexuel c'est quoi ?
C'est à moi qu'on pose les questions. Sur les 9 convives, moi y compris, deux seulement partage mon secret, 3 ou 4 le soupçonnent probablement, les autres l'ignorent.
De ce fait, c'est à moi qu'on pose les questions. Comme si j'étais une référence en la matière. Quoique c'est un peu ça...

Samedi : Soirée avec un styliste pour une oeuvre de charité destinée au Bénin.
J'innove. C'est bien la première fois que j'ose prendre ma voiture pour traverser Bruxelles.
Là, pas de faux-semblants.
Tout le monde l'est, même un peu.
Je rencontre des sujets intéressants, souvent égocentriques, entre un médium star, un chanteur qui rame, des danseurs qui trinquent... superficiel et léger, maîtres mots
Tout le monde l'est et il est de bon ton de le montrer.
Je devrais me sentir à l'aise mais je ne le suis pas.
Je me montre tel que je suis et eux tels qu'ils sont mais il y a dans cette promiscuité quelque chose qui me dérange, qui me choque presque.
Cela vient de moi, cela fut et est toujours.
La faute au refoulement, ou plutôt au secret ; j'ai passé ma vie à me cacher, à endosser un rôle, si bien qu'aujourd'hui j'ai mal à me rendre à l'évidence. Je ne joue plus non, mais je pêche par pudeur même avec mes semblables. Quelque part au fond de moi, même si je m'accepte, même si je me fiche d'être accepté - enfin je m'efforce de le croire - une toute petite voix chuchote : Tiens toi bien, n'oublie jamais, que même toi même, tu ne seras jamais que toléré.

A suivre...