samedi, 11 octobre 2008

Un carton d'emballage.

Ma soeur saisit une photo qui traîne sur ma table de travail : C'est qui ?
- Un garçon que je viens de rencontrer.
- Bel homme !
- Oh, mais j'ai du goût.
- Et...
- Je ne sais pas, on verra bien.
- C'est ton style en tout cas, moi il me plaît bien.
 
La messagerie de mon portable retentit à cet instant, c'est lui ; courte phrase pleine de tendresse.
Je lis à haute voix avant de lancer fanfaron : comment veux-tu que je résiste, je ne suis qu'un homme !
- Pourquoi veux-tu résister ?
- Je n'aime pas quand ça va trop vite.
- De toute façon, il pourrait encore te faire la cour pendant deux ans, tu trouverais que c'est trop rapide.
- Mais non... rien ne sert de précipiter.
- Le problème, c'est que tu as peur !
Je hausse les épaules, piqué au vif : et peur de quoi ?
- De tes sentiments !
- Avoir des sentiments c'est se rendre faible, et si après c'est un désastre et que je mords la poussière ?
- Et alors ? Comment veux-tu le savoir, tu ne laisses même pas le temps à l'usine de préparer le carton d'emballage !
 
Jolie métaphore.
Ma soeur et moi sommes diamétralement opposés et cependant nous nous complétons.
Je sais qu'elle a raison mais je refuse de concéder.
Et si une fois fermé mon carton ne contenait qu'un vide plus grand encore que celui qui m'occupe déjà ?
 478-balansv-vit[1]
 

14:20 Écrit par SOUS X dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : rencontre, peur, sentiments, desir

lundi, 21 juillet 2008

Trois p'tits coups au facteur.

21[1]
Voilà que je fantasme sur mon facteur.
Ce n'est pas que les uniformes soient mon trip, marins et militaires sans me laisser indifférent, n'éveillent cependant en moi qu'un mièvre feu.
Mon facteur c'est dans sa généralité qu'il m'embrase.
A pile l'heure, tous les matins par ma fenêtre je le guette, et me régale de le voir marcher hâtivement, le corps droit comme un guet dans son costume bleu foncé, d'une boite à une autre.
Parfois il me vient avec un colis à me remettre en main propre. Alors avec cet air qui se voudrait assuré mais sous lequel couve une timidité à fleur de peau, il me le tend, j'en profite pour effleurer sa main au passage. Je le sens se raidir, mais l'étoffe de son pantalon est bien trop épaisse pour m'aider à deviner si l'onde se répercute jusqu'au bout de lui même.
C'est une crème mon facteur, une crème brûlée ; de la croûte fendue émerge une coulée sirupeuse.
Car sous ses faux airs de skin, quand il promène le week-end cette curieuse saucisse grillée montée sur pattes devant ma porte, je vois bien à son allure qu'il doit être doux comme un agneau ; un agneau dont il me ravirait de chatouiller le crane rasé pendant que je l'aurais entre les jambes - sa barbe de trois jours comme une gratounette sur mes bonbons plein à craquer. Puis à mon tour, je lui flatterai la croupe et le tampon encreur avec tous les arguments en ma possession, ainsi des milliers de timbres à lécher, durant des heures et des heures, inlassablement... et enfin il sera temps de passer en lui comme une lettre à la poste.

15:19 Écrit par SOUS X dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : facteur, desir, fantasme, gaterie

mardi, 24 avril 2007

Journal. Fais-moi l'amour.

Des plombes qu'il ne m'habitait plus.
Son ennemi, le dégoût en avait profité pour prendre sa place.
Et le voilà, que nimbé de soleil, il réapparaît, dans des gestes simples, des gestes de tous les jours, une bise, un regard ; sur une épaule dénudée, dans le frôlement de deux joues.
Tout émoustillé, comme jamais plus je ne l'avais connu :
j'ai à nouveau rencontré le désir.
Qui sait si pareil à quelque animal, j'exhale un parfum excitant ? Alors peut-être que dans mes filets je compterai de belles prises ?
Je suis à prendre.
 
Mon corps se donne ou se défend, s'octroie, se sert, incite, attend...
Ma bouche s'affole, s'oublie, se perd, réclame, clame, s'abreuve.
Et mes mains, mes maladroites mains, rivalisent de grâce et de légèreté, tantôt reptile, tantôt subtiles, tantôt discrètes, tantôt furètent, la curiosité les détient.
C'est en ordre dans ma tête, ou presque. On peut ouvrir quand même.
Ça y est, je suis offert.
 
 

23:22 Écrit par SOUS X dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : amour, desir, corps a corps

vendredi, 16 mars 2007

Journal. Un petit air d'accordéon rance.

-Ça te fait du bien de consulter un psy. Ça t'aide. Tu en as besoin. Tu es renfermé. Ça se lit sur ton visage. Je suis sûr que même à moi tu ne dis rien de ta vie privée.

Je reste sans voix, et me pare d'un peu de mystère.

-Si ? Alors c'est bien...

Il y tant de choses que tu ignores de moi J. Tant de choses que la plus habile des oreilles ne pourrait m'arracher. Mes ténèbres sont impénétrables. Je m'en défends. Je t'aime beaucoup tu sais, mais es-tu prêt à tout entendre sans que s'insinue en toi soudain le doute ? Es-tu certain que jamais ne naîtrait la méfiance d'une accolade ou d'un geste tendre ? Te sens-tu capable de me précéder sans redouter que mon regard oblique sur tes fesses se pose ? Je me livrerai à toi tout de go J. si moi même j'étais sûr d'agir en toute innocence.

23:19 Écrit par SOUS X dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : secret, desir, mefiance