jeudi, 18 décembre 2014

Le quatrième mur.

Il aura suffi d'un simple sms, un de plus tu me diras... ni plus ni moins anodin que tous ceux qui l'ont précédé depuis ces trois dernières années, ni plus ni moins implicite et ambigu.

Rien, rien de plus... il n'était guère plus explicite, claire ou limpide que ceux qui le suivirent avant que je ne monte en voiture, mais celui-là seul réussit à me décider, je l'attendais comme un naufragé attend un navire salvateur en scrutant l'océan.

Et me voilà, j'accours, me perds en chemin, ne faux pas, et au moment de battre en retraite à contre coeur, je trouve enfin ton adresse.

Ta foudre instigatrice s'est maintenant enfouie en des profondeurs où la culpabilité sévit : tu ne veux plus, plus vraiment, mon retard aura eu raison de l'élan. Tant pis !

Tu me fais un café pour la route que je compte reprendre aussitôt. Mais soudain la fièvre renaît, plus forte que toi, moins que ma détermination.

Ca y est ! On succombe, tu bois à ma source, je tressaille, j'implose. Toute cette fichue retenue dont j'ai fait ton régime, s'apprête à jaillir ; c'est comme l'aboutissement d'une quête, sur le point de se voir couronnée par un succès dont je me suis délecté en pensées durant mes nuits solitaires.

Mais la machine se grippe, le train déraille, ça ne tourne pas rond, nos conceptions divergent, la réalité s'impose : ton attente n'est pas mienne, elle bute contre ma sphère, la perfore, la crève...

L'éclair !

Me voilà à part moi, je me dédouble, non, j'abandonne mon enveloppe corporel.

C'est Onan que tu pompes.

Je vous observe tous deux, je brise le quatrième mur, ce mur comme un miroir tronqué dont j'ai souffert le reflet par démission. Là, ridiculement navré, nostalgique de souvenirs fictifs, tandis que la passion à peine éclose rentre sous terre, que le fantasme revêt son habit de scène - ses artifices au paroxysme - que l'illusion qui m'a bercé jusqu' ici se meurt.

Je suis réduit au silence destructeur, celui où se répand tel le venin, ce désenchantement coutumier qui aujourd'hui m'indiffère plus qu'il ne m'accable, me nuit moins qu'il ne m'ennuie.

Colosse que j'aurais aimé étreindre, tu n'es plus que cendres dorées pareilles à celles dans lesquelles je me roule sans conviction. Ma vie est ailleurs, je regarde déjà au loin, le mur s'effondre.

C'est fini, c'est fini sans s’arrêter là.

Un café, tu me chasses presque, la foudre abattue dans ce sol infécond à fait ressurgir ton auto-accusation.

C'est fini sans s'arrêter là.

Cela se reproduira. Alors, avec toi je serai moi, ce moi en dehors de lui, contraire à son identité, galvaudé, trivialisé... pour le plaisir de chacun.

20:23 Écrit par SOUS X dans Ball-trap. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : désillusion, foudre, éclair, fièvre

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