vendredi, 26 septembre 2014

S'agenouiller et puis s'éprendre.

En ta présence, je tremble comme une feuille confrontée à tous les vents.

L'attitude béate, timide à outrance, presque renfrogné, tantôt niais, tantôt omniscient.

Les yeux grands ouverts, puisant dans les tiens l'étincelle qui mettrait le feu aux poudres. Elle est là, aveuglante mais soutenable, au point que j'en arrive encore à clore les paupières contre toute attente, alors qu'elle me guide au travers mes nuits solitaires.

Tu te dévoiles une fois de plus, je me distille.

Et puis, je m'évapore. Je feins de rater le coche, de saisir le vide au lieu de la perche.

Je ne veux pas être celui par qui le scandale arrive.

Troublé, quel con, je formule, involontairement, mes pensées à l'envers, me perds en contradictions. Ce qui est dit est faux, ou plutôt livré à multiples interprétations.

Je t'en conjure, agrippe la bonne !

 

Ça continue : on s'attise et se déstabilise.

On joue ; malgré nous, suspendus à l'initiative que ni l'un ni l'autre nous prenons.

On se gaspille.

Je te retiens à l'heure du départ, et me retiens à l'abandon, la rage au ventre, la fièvre au corps.

Saisis-moi, attrape-moi... je cède sans me défendre. Supplante ma crainte, terrasse-moi ! Je suis déjà foudroyé.

Même, si je ne veux plus, comme jadis avec les autres, une fois le désir secoué, n'être étreint que par son souvenir. Une heure à dormir dans tes bras serait mon nirvana.

 

Tu t'enfuis avec un sourire entendu : j'ai laissé échapper une vérité à valeur de souhait, comme un clou que l'on enfonce un peu plus ; c'est délibéré. Tu as compris le message : reviens vite.

 

Je suis au cap où je n'aspire plus à rien, sinon à autre chose. Mais cette autre chose me semble aujourd'hui si désuète que je la dénigre presque.

Mes périples l'attisent en contre partie du renoncement qu'ils annoncent.

Passer d'aventures à l'aventure serait idéal, si l'essence est la même et le risque moindre.

Sauter de l'empalement au soutien ; de l'usage à l'habitude, du plaisir au désir...

Mais suis-je fait pour ça ? Et toi ?

Si la vie m'a parfois amené à ne plus me reconnaître, avec toi, je ne sais plus rien de moi...

 

20:18 Écrit par SOUS X dans Ball-trap. | Lien permanent | Commentaires (0)

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