jeudi, 31 juillet 2014

La vis sans fin.

« Je ne pouvais tenir qu'en appelant, pour ainsi dire - la nature - à mon secours et en me fiant à elle, en me disant que ma monstrueuse épreuve me poussait dans une direction anormale, sans doute, et déplaisante, - mais qu'elle ne demandait, après tout, pour y apposer un front serein, qu'un tour de vis supplémentaire à l'humaine et quotidienne vertu »

H. James.

 

Et moi qui croyais ne plus recevoir de tes nouvelles que par de maladroites connaissances interposées !

Erreur.

Tu rentres d'un court séjour, et aux petites heures tu commentes ma nouvelle photo publiée sur un réseau social et m'envoies dans la foulée un message privé.

Qui du remord ou du regret t'assaille, va savoir...

Tu me nommes, ami, cher, très cher, plus que cher ami. Je te manque, tu penses à moi, tu m'aimes toujours autant, tu veux qu'on en discute... bref, la panoplie complète du parfait hypocrite qui ne sait plus où battre son dard, probablement parce qu'il a eu raison de la patience de son maigre auditoire.

Rappel des faits : A trois reprises nous avons tenté l'exploit de nous combiner, de nous ajuster, en somme de nous supporter... en vain. Le carnage s'est perpétré à chaque fois et toujours de la même manière : tu déconnes, je me casse. Hormis cette dernière fois, où j'ai préféré attendre que tu le fasses pour ne pas passer, encore, pour le salopard de service.

Au long de cette trilogie, qui aurait pu s'intituler « Chéri, fait moi mal », mon attitude fut égale : j'ai contré ta démence par la virulence, ton mépris par le dédain, ta mesquinerie par la raillerie.

Ta vengeance ne fut qu'un vulgaire plagiat de ma défense, au point de me paraphraser. Comme si tu avais voulu m'atteindre avec mes propres arguments. Panne d'inspiration sans doute.

Mais quand je tire à bout portant, je prends soin de ne loger qu'une balle dans le barillet, au cas où ma cible retournerait l'arme contre moi.

Au travers ta missive matinale, j'ai compris que tu espérais une réponse tout en redoutant mon silence.

Si je m'étais fait violence dans le propos, tu te serais fait souffrance avant que me revienne un tonitruant et véhément écho.

Je t'ai donc répondu tout en douceur et sérénité, sans acerbité aucune, sans équivoque, sans espoir en retour non plus...

Quel surprenant sang-froid !

C'est que ma rédaction durant, j'ai en dépit de tout calcul, donné un tour de vis supplémentaire, sinon à mon humaine vertu, à une sorte d'édifiante maturité ; car tandis que les mots coulaient de ma plume lasse, j'ai réalisé que je te témoignais mon indifférence.

 

21:43 Écrit par SOUS X dans L'amour gourd. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : vertu, vis, désamour, indifférence

vendredi, 25 juillet 2014

Rien ne sera jamais plus comme avant.

Mais rien ne le fut jamais.

Cette formule de regret n'a de source que dans un temps bien défini, une période enchanteresse qui s'est étalée d'un point nommé pour se fondre dans un nouveau tissage de pérégrinations.

La vie est une onde soumise à bien des variations. De son début à sa fin, l'on connaît l’ascension et la chute, la dérive et la stagnation, l'idéal et la contrariété.

Le mouvement bien que fluctuant, tortueux, ou zigzagant à la manière d'un électrocardiogramme parsemé d'irrégularités, n'en demeure pas moins imperceptiblement uniforme dans sa globalité.

Le propre de chacun est, à l'échelle de l'univers, l'égal de tous.

Il est présomptueux de croire que son existence sort du lot, autant que de ne pas le penser est capitulard.

De ce paradoxe, émerge une évidence qui n'est pas forcément une vérité : seul l'être change.

Tout le monde change ; j'ai changé.

J'ai changé de ce matin même, moins d'un an, où je me suis fracassé au sol.

Séquelles : Gueule éclatée, rafistolée d'urgence. Plus d’articulation droite, dents en berne, tronche en biais... Autonomie buccale limitée. Nourriture solide à éviter. Toujours mal...

Troubles psychiques : omniprésents. Latents, exacerbés. Peur de la réédition, angoisses +++, repli sur soi, renfrognement, parfois par simple relâchement musculaire... rage et rumine. Patience zéro, mépris du sort de l'autre et incidemment du sien.

Amnésie partielle de faits accessoires, c'est déjà ça.

Se pare, se masque... l'envie de fuir plus présente que l'envie d'être.

Sujet en hibernation. Survit dans l'attente... du réveil.

 

 

 

 

 

16:47 Écrit par SOUS X dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : vie, changements, univers, accident

mardi, 15 juillet 2014

Et Onan se dérouta.

Une étreinte en apesanteur enveloppée d’un silence que rien ne rompt.

Subitement le temps ne taraude plus.

Le train-train a changé de voie.

Voilà que, ce qu’il y avait à redouter, s’installe en toute quiétude, sans effort.

Oui mais… au substantifique bien-être succède le malaise, car le vent a tourné avant même que j’aie pu m’en apercevoir.

J’en suis presque à souhaiter un coup de téléphone, une visite impromptue, un coup de tonnerre, une panne de courant, n’importe quoi qui serait à même de découdre le cocon adultère dans lequel nous sommes lovés contre toute attente, et qui n’en finit pas.

L’imprévisible me sied, l’imprévu m’incommode. Surtout quand je me trouve écartelé entre la peur et l’abandon en équilibre sur une pointe de culpabilité.

Alors, envoyer paître, renoncer, clarifier, résister, ou laisser faire, lâcher prise, m’en remettre à une fatalité, qui, un jour ou l’autre, me rappellera à l’ordre ?