samedi, 21 juin 2014

Les langoliers de la plage. Coupez-leur la tête !

Ce sable foulé cent fois, peut-être moins, comme une échappatoire, une récréation, chaque brise-lame, était un nouveau défi, une course contre la montre tandis que la nuit tombait. Aujourd’hui livrés à loisir, les lieux m’apparaissent anéantis, comme si le temps s’était arrêté, pis, comme s’il avait tout dévoré. Leur charme n’opère plus, figé dans l’instant, ou dans ce néant soudain imposé. Je cours toujours, toujours et encore mais à quoi bon, rien ne sert, je peux me reposer, m’endormir, rien ni personne ne m’attend vraiment, l’heure du repas est encore loin, pas même établie précisément, et cependant la patience me manque à la sérénité.

Mon attente est identique, ses plages d’emplissage sont juste plus larges, rien ne les comble, et là où l’espoir se donnait encore raison, le voilà encerclé à présent dans une immuabilité qui répète sans cesse sa parodie. Paradoxes et pléonasmes s’entremêlent dans un réduit bouffé par les langoliers, mais mon biorythme, lui, égrène encore les secondes de l’existence en tentant d’y déceler la vie ; intacte, quoique rodé. Intacte... ou érodé ?

Le temps et moi, nous ne vieillirons pas ensemble, l’un est mort, l’autre se meurt.

 

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16:42 Écrit par SOUS X dans Général | Lien permanent | Commentaires (0)

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