lundi, 29 octobre 2012

Le fruit gâté du hasard.

J'ai encore été bien inspiré de prendre le train pour rallier une distance que j'avale d'ordinaire au volant...

A peine remonté sur le quai que je te tombe dessus.

Trop tard pour l'esquive, même si c'est naturellement que je m'avance vers toi.

Salutations. Joue à joue.

Banalités d'usage quant aux raisons respectives qui ont incité le destin à nous faire se retrouver, là, dans une gare de passage.

Et voilà ton regard qui chavire, tes pleurs ; tu m'étreins, me serres, je te repousse presque, gêné, peut être même dégouté : réaction allergique.

On va fumer dehors. Tu veux savoir où je vis, tu regrettes, tu implores mon retour : "j'ai un caractère de merde mais tu m'aimes toujours...", tu pleures encore, tu me serres encore, tu prends mon visage entre tes mains...

Rien, je reste impassible.

"Ne te borne pas on est en train de passer à côté du bonheur !"

Tu parles... décidemment on ne regardera jamais dans la même direction. L'un de nous est complètement à l'ouest.

Je te quitte sur un clin d'œil. J'ai quelques contraintes administratives à régler, toi, un autre train t'attend.

Je vaque à mes affaires courantes sans le moindre trouble, pas une once d'émotion, rien, ni chaud, ni froid, rien, rien qu'un vide qui n'a nul besoin d'être comblé.

Je m'attends à un sms qui ne tarde pas : " ...c'est le fruit du hasard... mais ce ne peut être que hasard..."

Sans doute, mais je le perçois différemment ; si j'avais encore l'ombre d'un doute, le degré zéro de ma compassion, dont je suis moi même stupéfait, a gelé un quelconque sentiment que nos retrouvailles hasardeuses auraient pu raviver.

Prisonnier de mes glaces, tu ne m'émeus plus.

Stoïque, mon message en retour tiendra en ces mots : j'ai définitivement tourné la page.

 

 

00:35 Écrit par SOUS X dans L'amour gourd. | Lien permanent | Commentaires (0)

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