dimanche, 05 août 2012

D'humeur vitriol.

Si autrefois la bienséance eût éradiqué toute prompte réaction de ma part quant à l'achèvement d'une situation foncièrement désagréable, aujourd'hui je m'en désentrave avec une prestesse qui frise l'insolence.

Pas plus tard qu'hier, je descends en ville afin d'acheter ma ration journalière de nicotine.

Je croise une connaissance, récente, somme toute, à qui quelques semaines pus tôt j'ai porté secours tandis que celle-ci s'étalait de tout son long en glissant sur le pansement lambrissé d'un trottoir mouillé de pluie.

Attablée à la terrasse d'un café, cette dernière se délecte d'une énième pinte et me hèle au passage. Salutations, banalités d'usage avant de me confier que son anniversaire tombe la semaine prochaine. Bêtement, car fallut-il que je fusse doté d'une once d'intelligence pour tendre ainsi une perche qui me projetât aussitôt dans la mare, je répondis que le mien avait lieu demain.

Il n'en fallut guère plus pour me retrouver assis à ses côtés, sommé de consommer à mon tour un breuvage qu'en raison de l'heure et du vide non comblé de mon estomac, je pressentis de dangereux.

Sur une chaise entre elle moi, gigote, trépigne l'un de ses amis, qui selon toute évidence plein comme une bourriche, ferait montre de prudence s'il portait autour du cou la mention hautement inflammable.

Présentation oblige et commence la représentation.

L'ami éthyliquement incorrecte, me scrute avec indécence, avant de laisser émerger dans un flot de bière : " J'ai une question à te poser... "

Je l'augure illico : ma sexualité.

Bingo ! " tu es hétéro ? "

Et un de plus, un de plus que ma préférence intrigue.

La connaissance lève les bras au ciel, rit, et rappelle à l'indiscret les règles élémentaires de la politesse, comme on récite une recette de cuisine sans même l'avoir jamais testée.

Il est d'évidence que lesdites règles n'ont jamais, trouvé matière à s'exprimer ni chez l'un, ni chez l'autre.

Je réponds ce qu'il veut entendre, qu'est ce que j'en ai à foutre ! Il ne m'est jamais venu à l'esprit de demander à autrui : Qui baise qui ? Avec qui ou avec quoi ?

S'ensuit la phase délirium : un dialogue entre les deux compères, où se perdent baffes, quolibets, et obscènités en tous genres, verbales et gestuelles, quand ce n'est un passant qui en paie les frais.

C'est lourd.

Je finis ma bière prends congé sans demie mesure, parce qu'ils me pompent l'air. Ce n'est pas plus l'alcool qui me saoule que leurs turpitudes.

J'ai mieux à faire : j'ai des heures de solitude à égrainer, tapi au fond de ma coulisse.

Mes quatre murs placides valant bien mieux que leur déballage grotesque..

C'est formidable de voir a quel point mon inclination sexuelle intéresse autant de monde.

Si j'avais eu 5 centimes à chaque fois que l'on m'eût posé une question du même gabarit que celle citée ci-avant, c'est de Monaco dont je rédigerais mes bafouilles, en outre via un nègre.

Je devrais écrire une histoire sur mon cul d'ailleurs, ça pourrait me rapporter gros. Oh, l'idée n'est pas récente et probablement l'eussè-je déjà mise à exécution, si j'étais certain que cette populace grandiloquente rivalisant d'indélicatesse et maitrisant le mauvais goût, soit autant capable de lire...

 

23:41 Écrit par SOUS X dans Général | Lien permanent | Commentaires (0)

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