lundi, 06 août 2012

Jeu de dupes...

REF : BOB - 20.03.2009

Ça m'a fait drôlement bizarre de me retrouver là... comme un passage obligé par la case départ, où cependant, rien n'a commencé, où rien ne s'est achevé non plus, mais où il y eut la fracture.

Là où j'ai pris subitement conscience de moi, de l'infâme qui sommeillait sous mon coeur. Un être, autre, que je ne connaissais pas encore.

Et l'un des convives qui me dit : " C'est un chouette café, pas trop bruyant, les gens sont calmes... "

Je sais, je connais, je l'ai fréquenté deux ou trois fois et particulièrement un soir, un soir des plus glauques...

Hormis la couleur des murs et le proprio, rien n'a changé. Ce coin sombre, cette encoignure obscène du comptoir - je m'y revois - où j'ai délivré les délices au patron qui me faisait un rentre dedans depuis plusieurs jours.

C'est une forme de prostitution qu'il m'avait alors proposé, tandis que j'étais dans une merde insondable, (voir post du 12.12.2008 au 23.04.2009)

Le deal dont chaque clause était indissociable des autres : un peu de fric contre de menus travaux et 21cm dans le cul contre un toit (le sien), et accessoirement l'usage parcimonieux de sa rutilante voiture, emblème de sa fierté.

Bien entendu, c'est au détriment de la mienne qu'il m'eût fallu patarger sa couche chaque soir, ses 21cm de chair en guise de sommier. On imagine alors aisément ce qu'il fût advenu de mon séant à ce rythme : sûr qu'on aurait pu, à force, l'y garer sa fameuse bagnole !

Le tout évidemment frappé du sceau du secret, car plus que le scandale c'est l'aveu personnel et publique que redoutait ce maraud de la pire espèce : pas bon pour les affaires, quant à la conscience...

Sans accepter pareil chantage, je voulus toutefois le mettre à mes genoux, par orgueil, parce qu'il abusait de ma détresse en vue d'assouvir ses malsaines pulsions.

Paradoxalement c'est moi qui était à ses genoux, par la force des choses, mais de ma position, à mes yeux c'était le contraire. Car, lui qui craignait tant la mise en lumière, malgré les néons éteints, sous cet angle, je savais pertinemment que de sa fenêtre, à l'étage, le voisin pouvait se rincer l'oeil sans contorsion.

J'aurais donné n'importe quoi pour être surpris : la capture valait son exécution.

Au terme de la partie, il ponctua par un " je ne fais pas mon âge, hein ? "

Et moi de lui damer le pion en concluant : " Tu as celui de mon père ! "

Je suis rentré chez moi, le chez moi d'alors que j'allais quitter peu de temps après, un sale goût dans la bouche et pour cause...

J'ai pris une douche, me suis brossé frénétiquement les dents.

Je me sentais sale encore, malgré cet étrange sentiment d'être quelque part vainqueur par ex aequo...

 

 

14:09 Écrit par SOUS X dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : dupes, prostituion, sexe

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