dimanche, 22 août 2010

Le mat.

- Monsieur Grégory Corso, qu'est-ce que la puissance ?
- Rester au coin d'une rue et n'attendre personne.

Une nuit aux abords d'un château en fête...
Le ciel éclaboussé par mille lumières scintillantes.
Comme si tout le feu de la terre avait jailli de ses entrailles pour embraser la voûte céleste.
Le spectacle valait le déplacement et cependant nos regards étaient ailleurs, perdus dans un vide bien au-delà des arbres alentours.
Plus rien ne nous sied. L'esprit, par trop de tourments , embué.
Chacun son malheur. Quel soit-il sur le barreau de l'échelle, celui de l'autre fera toujours grise mine.
Mais nous avons mangé à notre faim, bu à notre soif, dormi sous un toit...
Il ne nous fallut pas, au matin du dimanche, nous planter sur le parking d'un supermarché, attendant quelque menue monnaie.
42 centimes, pour oser s'offrir une canette de bière, sous l'oeil perfide, inquisiteur et critique de la populace qui aura pensé à l'unisson : "Il lui suffit de travailler ! "
Le travail est une supercherie universelle, un suicide collectif réussi. Un faramineux pis aller, bêtifiant, auquel on s'adonne en dépit de toute logique, quitte à en prendre plein la tronche, dans le vain espoir d'une qualité de vie avouable mais au final plus médiocre encore, tandis que le temps court à sa perte.
C'est peut-être ça avoir des couilles : faire fi d'autrui, de la morale, de la généralité, et de sa propre fierté ; rivaliser d'audace ou d'insolence, et remplir son panier percé de ses travers dérivatifs.
 

16:49 Écrit par SOUS X dans Général | Lien permanent | Commentaires (0)

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