05/03/2013

Terry, encore...

 

REF : TERRY - 15.03.2007

 

Un bail, en effet… à nouveau on se croise, on se salue et la magie d’autrefois opère plus encore. Cette fois nos dames respectives – une amie pour moi, ta… femme pour toi - s’en aperçoivent.

Que se passe-t-il ?

C’est à peine si on parvient encore à formuler les mots pour échanger des banalités d’usage, mais on se regarde intensément, les yeux dans les yeux, un boomerang qui nous cingle de l’intérieur comme c’est pas permis, je te ressens, tu le ressens…

« Ça fait un bail… »

« Oui, en effet… »

Que s’est-il passé ?

Le temps.

On a vieilli, pour de bon, mais notre lustre de jeunesse, pâli, n’a guère altéré l’attraction, peut-être même est-ce lui qui l’exalte ?

Le trouble, le trouble profond, ce délicieux trouble profond.

Et là, pourtant, c’est trop tard.

Et ici, pourtant, je réitère, reformule, précise : Si un jour par une formidable pirouette du destin, un pied-de-nez ou un volte face... tu venais à me dire viens là, tu n'aurais à le répéter, car déjà je serais là, offert, promis, impatient... heureux, peut-être, enfin.

 

 

 

05/11/2012

La toupie.

Tu mets tes pulls à l'envers
Tu parles comme on marche sur du verre
Tu as pris des habitudes
Tu passes tes soirées au lit
Et les enfants en folie
N'écoutent pas ce que tu dis
Si tu veux plaire à ta femme
Pense à me laisser tomber

Avant d'en arriver là, nivellement par le bas.

Nous avons conscience des dangers auxquels nous sommes déjà trop exposés.

Autant marcher sur du verglas en espérant ne pas y glisser...

Continue à me perturber, à me tenter, à m'inciter et... je ne répondrai plus de rien.

Est-ce vraiment ce que tu veux ?

Est-ce vraiment que je veux, moi qui n'ai rien demandé ?

Tout est dit à demi-mot, en demie-teinte mais il n'est cependant de clarté plus loquace.

L'attente nous consume mais le brasier qui nous attend aurait tôt fait de calciner nos sens déjà défaillants.

La raison se perdant en chemin, je ne sais à qui m'en remettre pour me guider, hormis à ce coupable destin semé d'embûches, de fautes et fauteurs de troubles.

A moins d'une embusquade, (mais pourquoi donc ? ), qu'importe, j'ai crû en des terrains bien plus fatidiques, qu'un simple coup de lanterne a suffi pour y balayer l'obscure réalité.

10/10/2012

Le fruit gâté du hasard.

J'ai encore été bien inspiré de prendre le train pour rallier une distance que j'avale d'ordinaire au volant...

A peine remonté sur le quai que je te tombe dessus.

Trop tard pour l'esquive, même si c'est naturellement que je m'avance vers toi.

Salutations. Joue à joue.

Banalités d'usage quant aux raisons respectives qui ont incité le destin à nous faire se retrouver, là, dans une gare de passage.

Et voilà ton regard qui chavire, tes pleurs ; tu m'étreins, me serres, je te repousse presque, géné, peut être même dégouté : réaction allergique.

On va fumer dehors. Tu veux savoir où je vis, tu regrettes, tu implores mon retour : "j'ai un caractère de merde mais tu m'aimes toujours...", tu pleures encore, tu me serres encore, tu prends mon visage entre tes mains...

Rien, je reste impassible.

"Ne te borne pas on est en train de passer à côté du bonheur !"

Tu parles... décidemment on ne regardera jamais dans la même direction. L'un de nous est complètement à l'ouest.

Je te quitte sur un clin d'oeil. J'ai quelques contraintes administratives à régler, toi, un autre train t'attend.

Je vaque à mes affaires courantes sans le moindre trouble, pas une once d'émotion, rien, ni chaud, ni froid, rien, rien qu'un vide qui n'a nul besoin d'ètre comblé.

Je m'attends à un sms qui ne tarde pas : " ...c'est le fruit du hasard... mais ce ne peut être que hasard..."

Sans doute, mais je le perçois différemment ; si j'avais encore l'ombre d'un doute, le degré zéro de ma compassion, dont je suis moi même stupéfait, a gelé un quelconque sentiment que nos retrouvailles hasardeuses auraient pu raviver.

Prisonnier de mes glaces, tu ne m'émeus plus.

Stoïque, mon message en retour tiendra en ces mots : j'ai définitivement tourné la page.

 

06/08/2012

Jeu de dupes...

REF : BOB - 20.03.2009

Ça m'a fait drôlement bizarre de me retrouver là... comme un passage obligé par la case départ, où cependant, rien n'a commencé, où rien ne s'est achevé non plus, mais où il y eut la fracture.

Là où j'ai pris subitement conscience de moi, de l'infâme qui sommeillait sous mon coeur. Un être, autre, que je ne connaissais pas encore.

Et l'un des convives qui me dit : " C'est un chouette café, pas trop bruyant, les gens sont calmes... "

Je sais, je connais, je l'ai fréquenté deux ou trois fois et particulièrement un soir, un soir des plus glauques...

Hormis la couleur des murs et le proprio, rien n'a changé. Ce coin sombre, cette encoignure obscène du comptoir - je m'y revois - où j'ai délivré les délices au patron qui me faisait un rentre dedans depuis plusieurs jours.

C'est une forme de prostitution qu'il m'avait alors proposé, tandis que j'étais dans une merde insondable, (voir post du 12.12.2008 au 23.04.2009)

Le deal dont chaque clause était indissociable des autres : un peu de fric contre de menus travaux et 21cm dans le cul contre un toit (le sien), et accessoirement l'usage parcimonieux de sa rutilante voiture, emblème de sa fierté.

Bien entendu, c'est au détriment de la mienne qu'il m'eût fallu patarger sa couche chaque soir, ses 21cm de chair en guise de sommier. On imagine alors aisément ce qu'il fût advenu de mon séant à ce rythme : sûr qu'on aurait pu, à force, l'y garer sa fameuse bagnole !

Le tout évidemment frappé du sceau du secret, car plus que le scandale c'est l'aveu personnel et publique que redoutait ce maraud de la pire espèce : pas bon pour les affaires, quant à la conscience...

Sans accepter pareil chantage, je voulus toutefois le mettre à mes genoux, par orgueil, parce qu'il abusait de ma détresse en vue d'assouvir ses malsaines pulsions.

Paradoxalement c'est moi qui était à ses genoux, par la force des choses, mais de ma position, à mes yeux c'était le contraire. Car, lui qui craignait tant la mise en lumière, malgré les néons éteints, sous cet angle, je savais pertinemment que de sa fenêtre, à l'étage, le voisin pouvait se rincer l'oeil sans contorsion.

J'aurais donné n'importe quoi pour être surpris : la capture valait son exécution.

Au terme de la partie, il ponctua par un " je ne fais pas mon âge, hein ? "

Et moi de lui damer le pion en concluant : " Tu as celui de mon père ! "

Je suis rentré chez moi, le chez moi d'alors que j'allais quitter peu de temps après, un sale goût dans la bouche et pour cause...

J'ai pris une douche, me suis brossé frénétiquement les dents.

Je me sentais sale encore, malgré cet étrange sentiment d'être quelque part vainqueur par ex aequo...

 

 

05/08/2012

D'humeur vitriol.

Si autrefois la bienséance eût éradiqué toute prompte réaction de ma part quant à l'achèvement d'une situation foncièrement désagréable, aujourd'hui je m'en désentrave avec une prestesse qui frise l'insolence.

Pas plus tard qu'hier, je descends en ville afin d'acheter ma ration journalière de nicotine.

Je croise une connaissance, récente, somme toute, à qui quelques semaines pus tôt j'ai porté secours tandis que celle-ci s'étalait de tout son long en glissant sur le pansement lambrissé d'un trottoir mouillé de pluie.

Attablée à la terrasse d'un café, cette dernière se délecte d'une énième pinte et me hèle au passage. Salutations, banalités d'usage avant de me confier que son anniversaire tombe la semaine prochaine. Bêtement, car fallut-il que je fusse doté d'une once d'intelligence pour tendre ainsi une perche qui me projetât aussitôt dans la mare, je répondis que le mien avait lieu demain.

Il n'en fallut guère plus pour me retrouver assis à ses côtés, sommé de consommer à mon tour un breuvage qu'en raison de l'heure et du vide non comblé de mon estomac, je pressentis de dangereux.

Sur une chaise entre elle moi, gigote, trépigne l'un de ses amis, qui selon toute évidence plein comme une bourriche, ferait montre de prudence s'il portait autour du cou la mention hautement inflammable.

Présentation oblige et commence la représentation.

L'ami éthyliquement incorrecte, me scrute avec indécence, avant de laisser émerger dans un flot de bière : " J'ai une question à te poser... "

Je l'augure illico : ma sexualité.

Bingo ! " tu es hétéro ? "

Et un de plus, un de plus que ma préférence intrigue.

La connaissance lève les bras au ciel, rit, et rappelle à l'indiscret les règles élémentaires de la politesse, comme on récite une recette de cuisine sans même l'avoir jamais testée.

Il est d'évidence que lesdites règles n'ont jamais, trouvé matière à s'exprimer ni chez l'un, ni chez l'autre.

Je réponds ce qu'il veut entendre, qu'est ce que j'en ai à foutre ! Il ne m'est jamais venu à l'esprit de demander à autrui : Qui baise qui ? Avec qui ou avec quoi ?

S'ensuit la phase délirium : un dialogue entre les deux compères, où se perdent baffes, quolibets, et obscènités en tous genres, verbales et gestuelles, quand ce n'est un passant qui en paie les frais.

C'est lourd.

Je finis ma bière prends congé sans demie mesure, parce qu'ils me pompent l'air. Ce n'est pas plus l'alcool qui me saoule que leurs turpitudes.

J'ai mieux à faire : j'ai des heures de solitude à égrainer, tapi au fond de ma coulisse.

Mes quatre murs placides valant bien mieux que leur déballage grotesque..

C'est formidable de voir a quel point mon inclination sexuelle intéresse autant de monde.

Si j'avais eu 5 centimes à chaque fois que l'on m'eût posé une question du même gabarit que celle citée ci-avant, c'est de Monaco dont je rédigerais mes bafouilles, en outre via un nègre.

Je devrais écrire une histoire sur mon cul d'ailleurs, ça pourrait me rapporter gros. Oh, l'idée n'est pas récente et probablement l'eussè-je déjà mise à exécution, si j'étais certain que cette populace grandiloquente rivalisant d'indélicatesse et maitrisant le mauvais goût, soit autant capable de lire...

 

You will forget, je l'espère !

 

C'était hautement prévisible.

Chaque fête, assujettie au calendrier ou de ma circonstance est affublée d'un message de ta part qui résonne comme un pardon.

De la Saint-Valentin à mon anniversaire en passant par la nouvelle année, toujours un petit mot empourpré de chagrin, si bien habillé qu'il faut se mordre la langue, s'en remettre au mépris et puiser dans le souvenir détestable, pour nuire à l'envie d'y répondre.

Inutile cette fois.

Ma plus belle erreur est de t'avoir accordé une seconde chance il y a un an : ma première marche arrière, la dernière aussi.

Au terme de quinze jours j'ai compris qu'il s'agissait d'un échange de bons procédés. Ce que nous avions vècu autrefois en dent de scie, il nous était donné de le revivre au quintuple, parce qu'il n'y avait plus dans ta démarche que rancune et vengeance.

J'ai vu clair - ai-je seulement été aveugle un seul instant ? - non, pas même crédule. Sans doute avais-je besoin de preuves plus accablantes encore, indulgent, on ne se refait pas : l'avocat du Diable plus que quiconque apothéose la présemption d'innocence.

L'échec fut encore plus retentissant que son prédécesseur.

Les choses cette fois sont allées trop loin, beaucoup trop loin, sans aucun mérite.

Nous en sommes là, là où nous demeurerons. Reste à l'oubli de s'immiscer afin que la salle soit comble... scéance tenante, guichets fermés.

Encore un peu de patience... sois rassuré, car en m'ayant perdu une seconde fois et en outre définitivement, tu as au moins gagné le rang le plus élevé de mon excécration.

 

30/06/2012

Sous le chaud.

On est là comme deux ronds de flan.

On attend, on veille...

Le ventilateur tourne à tout va.

Des papiers de toute sorte, accrochés aux murs, virevoltent autour de leur punaise.

Peau moite, j'ai trop chaud. J'ai envie de me déchausser, de me foutre carrément à poil.

Le yaourt à la fraise est visqueux. Il a eu un coup de chaud. Et en plus y'a pas une fraise dedans.

Je pense à lui.

Je pense de plus en plus souvent à lui, curieusement. Je pense à lui curieusement ; j'entends que je pense à lui avec autant d'intrigue que d'étrangeté.

Il n'occupe cependant place infime au creux de mes fantasmes.

Pas encore...

Ce n'est pas plus que je m'y refuse ou n'y consente que je n'y parvienne, par manque d'information, de détails. Je suis en mort cérébrale : l'habitude de la consommation virtuelle, du self-service pornographique, bride ma conception, ma réalisation psychique, mon imagination.

Alors pour l'heure, je pense à lui, curieusement...

19/06/2012

Coupez-lui la tête !

Je marche comme un forcené, je cours presque.

Je foule le sable sauvagement, sans même jeter un oeil à la mer qui s'approche.

Le soleil sur moi, je trace, sans but précis.

Je ne m'accorde pas de répit. je franchis les brises lames sans m'attarder, cette promenade ressemble à une course d'obstacles.

J'atteinds les dunes. Je ne prends même pas le temps de m'adosser à l'une d'elles pour me reposer et songer; il y a longtemps que j'ai perdu l'habitude de la quiétude... et puis pas la peine, la tête déborde déjà de trop de pensées et souvenirs sombres.

Ma vision intérieure occulte la réalité des choses et de l'instant présent, le soleil, la mer, le sable...

Ma tête est trop pleine et roule trop vite. Sans elle ce serait bien mieux.

Je quitterai la cote deux jours plus tard, je laisserai la plage comme je l'ai trouvée, comme ma tête l'a vue, l'a conçue... en débâcle.

06/01/2012

Subliminale apparence.

Quelques mots jetés sous influence éthylique, et toutes ces allusions taquines qui les ont précédés à chacune de nos rencontres festives, prennent une autre dimension.

Ça y est, ton tréfonds, latent, esquivé, s'avoue malgré son dessein encore en filigrane.

Mon ressenti premier, celui de la toute première fois, semblable à une onde de choc, à une vibration incontrôlable autant qu'indicible, savoureusement intrigante, éclos comme une fleur en juillet : de par sa floraison tardive, elle s'emparera d'un puissant soleil, trop, qui la tuera aussitôt.

Il la tue déjà ; elle s'y dore, s'en abreuve, s'en entête, s'en fout... elle le prend tout entier.

Alors... quand bien les choses fussent actées devant l'autel des libertins qui répriment le danger de la désunion par éthique, toi et moi, nous savons qu'un jour ou l'autre, livrés au grand jour ou tapis dans le secret, nous terminerons notre course dans le mur.

13/12/2011

Mon manoir Winchester.

Je ne me sens bien nulle part, à ma place nulle part.

A peine ici, j'ai le sentiment de devoir être ailleurs.

Déjà que j'ai le cul entre deux chaises, si en plus il me faut tendre les bras d'un horizon à l'autre sans rien toucher du bout des doigts...

C'est singulier.

Je m'égare dans un labyrinthe dont j'ai moi-même conçu les plans sans en envisager l'issue.

C'est plein de trous et de trapes, fausses, chausse... et de fosses aussi.

Truffé de fenêtres aveugles, de portes et d'escaliers : quand les uns donnent sur le vide ou un mur, les autres débouchent sur un plafond ou une nouvelle volée plus étroite, plus tortueuse, plus alambiquée encore que la précédente ; tantôt sur des coursives dénivelées, tantôt sur d'obscures impasses.

Chemins de traverses, détours, sens uniques, dédale ; un être ici, un autre là, les minotaures sont légion, une embûche, une embuscade... on se suit, on se cherche, on se poursuit, on se perd... en quête de l'éperdu.

Mais où

est donc le sanctuaire ?

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03/12/2011

Circonvolution active.

Un pli judiciaire pour m'informer que la merde est à présent derrière.

Mais je garde son odeur dans le pif et la crainte qu'elle ne disparaisse jamais.

De toutes façons un problème en chasse un autre.

Ma circonvolution est active en permanence.

J'ai moins peur, ça dépend...

But my love... j'espère qu'ils ont raison les prédicteurs de soleil.

Le cheminement est lourd et grave, et la pirouette vaudra-t-elle l'enjeu ?

Et si ce point central, fixe et béant, semblable à un trou noir, c'était moi ?

Tout, tout serait à refaire, mais comment ?

Je n'ai pas confiance au destin. Son jeu de hasard répond à des règles absconses à coup de dés pipés.

16/11/2011

Comico-pathétique.

On sonne.

Ben oui, ça arrive des fois. Et au retentissement je devine souvent qui se tient derrière la porte.

Cette fois il m'est inconnu : je jette un oeil par la fenêtre et aperçois un jeune homme genre perche, aux cheveux noirs hirsutes, qui trépigne.

J'ouvre.

Politesse d'usage et objet de la visite : adhésion à une célèbre boutique de livres en tous genres ou en tout genre puisque l'Académie n'a pas encore tranché.

Comme il grelotte sur mon seuil et que le chauffage est précieux, je l'invite à entrer.

Il s'exécute, commence à m'interroger sur mes lectures et mes passions, citant les plus communes qui n'ont aucune grâce à mes yeux, puis soudain s'excuse : "Oh ! Pardonnez-moi, j'arrive au mauvais moment."

Je le regarde perplexe.

Et d'un mouvement du chef il désigne mon pc devant lui : effectivement sur mon écran deux mâles sont en train de croiser le fer. Un site sur lequel je viens de zapper sans arrière pensée (pour une fois), car j'avoue que durant mes longues soirées d'hiver je ne fais pas qu'y passer... chacun fait comme il peut.

Le voici tout confondu et moi un brin : "Non, non, du tout, c'est sans intérêt."

J'allume une clope, lui en propose une qu'il accepte sans hésiter et me demande la permission de s'asseoir. Parce qu'en plus je manque à tous mes devoirs.

Il me déballe ses arguments... de vente, de vente bien sûr. Une jolie petite leçon éculée qu'il a apprise par coeur et que je n'entends que d'une oreille, complètement à l'ouest comme à l'accoutumée.

Le coup de fil d'un collègue l'interrompt dans sa récitation, et en cloturant l'appel il remarque sur ma table des mèches allume-mazout.

- C'est du papier d'Arménie ?

- Hein ?

- Oui du papier d'Arménie, ce sont des bâtonnets d'encens pour parfumer une pièce.

Et moi de répondre largué : " Euh non enfin peut-être, j'en sais rien mais ce truc là, ça sert à rallumer le poêle."

Il ravale sa salive.

- Pourquoi, dis-je, vous êtes Arménien ?

- Non, Italien.

Ah, oui, pas vraiment dans le même coin.

Il reprend son monologue commercial et s'enquiert de ma profession.

- Je fais ça, pour le moment...

- Ah bon, pourquoi pour le moment ?

- Parce que je change souvent.

- Et vous vous orientez vers quoi ?

Je ne m'oriente pas moi, je n'ai cesse de m'égarer.

J'explique mon parcours, il m'explique le sien, fouillant méthodiquement sa paperasse. Puis lance dans un sourire plein de malice dans ma direction : "Je vois que vous êtes entouré de jolies filles !"

Je scrute comme un con autour de moi, traversé par la fulgurante autant que plaisante idée, que je suis ici en présence d'un spirite qui décèle à mes côtés, quelques àmes en peine à fortes connotations féminines.

Rien de tout cela, il vient de lorgner sur le magazine de charme tout aussi célèbre que la boutique de livres qu'il représente, qui a échoué sur mon canapé avec à sa barre des demoiselles de petite vertue.

- Oh, ça ! je m'étonne ; j'y achète parfois des vêtements, notamment le pantalon que je porte, pour le reste je n'en ai pas besoin, je m'approvisionne directement chez un ami qui a sa propre société, c'est plus simple.

Là, il glousse.

- Je m'excuse encore d'être arrivé au mauvais moment, répète-t'il, gêné plus encore que la première fois.

Non mais c'est bon, c'est pas comme si je jouais avec mon bibelot devant le pc, pas à cette heure là, (15h, heure d'hiver), j'ai des principes.

Il enchaine par pure conscience professionnelle, car j'ai l'instinct qu'il lui tarde de partir, en m'obligeant à récapituler tout ce dont il vient de m'instruire : j'en suis incapable, à chacune de ses questions, j'ai tout faux. Il reprend, mais par méthode accélérée cette fois, et je m'en sors avec un huit sur dix. Uniquement au cas ou sa société prendrait contact avec moi pour s'assurer qu'il ait bien fait son travail.

Convaincu pour sa part que c'est le cas, et de toutes façons sur la défensive, il décide de prendre congé. Je le raccompagne et il se jette dans la rue à la recherche de son collègue... absent.

Je le suis, intrigué par son désarroi : "il est là ?"

Il fait volte-face en réussissant dans la foulée un bond en arrière. Bravo ! Belle cabriole.

- Euh, non... bafouille-t'il, mais je vais le trouver, ça ira.

Je ris sous cape : Il a cru que j'allais lui sauter dessus. Comique.

Cependant en y réfléchissant l'instant suivant, à l'idée qu'il m'ait pris peut-être pour l'obsédé, voire le dépavré du village, subitement, je me suis trouvé pathétique.

 

15/11/2011

A l'évidence...

Je vieillis, me trouve moche.

J'ignore lequel de ces deux états génère l'autre ?

Il n'y a pas un jour, pas un soir où je n'inspecte en détail mon visage, parfois mon corps.

Je cherche les rides, relève les défauts, angoisse à l'idée de détecter l'asymétrie ou l'abandon.

Les miroirs sont devenus mes pires ennemis.

Je ne sais que faire. L'artifice vaut le supercherie.

Ça ne passe plus... inaperçu.

Me supporte plus.

Ça passera comme le reste, quand je n'aurai plus d'autre alternative que celle de me résoudre et que ma vie se résumera à côtoyer des amis le dimanche à l'heure du café, ou à leur rendre visite à l'hôpital ; sinon l'inverse... quand finalement ma plus grande difficulté sera aussi mon seul but de la journée : celle de promener mon chien autour du pâté de maisons.

30/10/2011

Duplicata.

Si je comprends aussi bien ton histoire, c'est qu'elle ressemble à l'une des miennes.

Seul le contexte change, les personnages à peine...

Mais je ne tenais pas ton rôle... celui de l'autre.

C'est le même écho sans appel qui se réverbère sur des parois d'incompréhension, au rythme saccadé de l'incertitude, du doute et de grandes espérances.

Je te conseille, alors que je ne fus pas même foutu de remédier à mes propres maux et quiconque s'en fusse mélé, eut essuyé un vibrant revers d'indifférence.

A l'inverse de toi, car comme lui, je préférais la nique à la communication. Comme lui, je ne présumais de mes forces.

Au final, de toi à moi, lequel a appris de l'autre ?

Alors si ton histoire est aussi la mienne, et si comme elle, elle est vouée à l'échec, quand tu t'écraseras maudissant ta crédulité, haïssant l'espoir, revenu de tout ; peut-être, peut-être serai-je encore là.

15/10/2011

Et si on reparlait de nous...

J'ai bien envie de placer un miroir au plafond, histoire de voir la gueule que je tire le matin au réveil.

Ca risque d'être drôle... ou effrayant !

Oh, à l'instar de pas mal de monde, aux petites heures mon reflet est las de me renvoyer son image délavée, mais ce n'est guère d'esthétisme dont je cause, c'est d'aspect... c'est quelle tête de bailler au sortir du lit, le coeur légé, ravi, heureux d'être, le barreau en prime ?

Une fois n'est pas coutûme, soyons pragmatique.

NOM : Peu importe, dernier de ma lignée de toutes façons.

PRENOM : Qu'est ce qu'on en a à foutre que je m'appelle Morsure, L'autre, Jérémy, André, Airwan, Michaël, Ghislain ou que sais-je encore. (Cherchez l'intrus ! )

ETAT CIVIL : Célibataire, ni par choix, ni par fatalité, c'est ainsi, pour le moment...

LIEU ET DATE DE NAISSANCE : Une petite ville de la Wallonie picarde le 5 août 1973. Un sacré indice !

LIEU DE RESIDENCE : Belgique.

NATIONALITE : Belge, forcément, quoique non, c'eût pu en être autrement.

PROFESSION : Change souvent, se lasse très vite, n'a aucun projet d'avenir, le lit mais ne le conçois pas...

SEXE : Masculin.

PREFERENCE SEXUELLE : Bon, ben visiblement le sujet couche entre autre, mais cependant le plus souvent avec des hommes.

ORIENTATION : Bi, Gay, Hétéro... pour paraphraser un ami : "En fait, t'es pas gay, juste pas difficile ! "

Il n'en demeure pas moins que mes critères sont hautement sélectifs.

Voilà l'essentiel, le reste suit son cours... je réitère, reprends la cavale, persiste et signe : Morsultimaratio !

07/03/2011

Onan, si je t'écris.

Tu considères l'amour entre deux hommes comme une dérision !

Je me suis souvent demandé si P. avait raison, j'ai bien failli y croire.

Et cependant non, il se trompait.

La dérision, c'est moi, j'en assume l'entière responsabilité.

J'ai vu l'amour. Il était là, à portée de main. Je n'avais pas le droit d'y toucher, il ne m'était pas réservé.

Une maison de pain d'épices érigée au milieu d'une obscure forêt sur le chemin de perdition d'Hansel et Gretel... une maison sans sorcière, pourtant.

Deux êtres que tout sépare, ont regardé de l'autre côté du miroir, se sont reconnus, l'un est le reflet de l'autre et vice et versa.

C'est beau et terrible à la fois, leur image me renvoie à la mienne, à mon désastre.

Qu'on imagine un soleil implacable, écrasant des ruines antiques, qu'un vent mauvais érode au fur et à mesure, et on saura ce que renferme mon tréfonds.

La vie est une salope, le bonheur, une fellation.

Un instant de délice, qui se présente que trop rarement, à saisir sans y réfléchir... à entretenir ensuite.

Entre sa fulgurance et sa représentation, il n'y a rien d'autre que de la volonté.

Ils ont réussi là ou j'échouerai toujours, par manque de conviction, usé ; je ne serai jamais heureux.

 

26/02/2011

L.P.

Elle était bien plus jeune que moi, mais nos vies se ressemblent.

Nos quêtes éperdues sont les mêmes.

Sa mort sera peut-être la mienne. Au même titre qu'elle, un siège m'attend en enfer.

A brûler la vie par les deux bouts, on n'attire pas seulement les foudres, on se consume dans un feu de joie.

Bien sous tout rapport, jeu de dupe, sourire figé, ligne de conduite, ligne blanche, sirop et alcool, sexe, mensonge, débauche, perversion, en profondeur, respectabilité en surface.

Elle se morfondait au fond des bois, je reste au fond de moi, quand et où personne ne va.

Autour d'elle, on savait à peu près, autour de moi on détient certaines vérités. Les uns, les autres, ajusteront les pièces du puzzle pour obtenir le résultat final, comme l'enquête à mis à jour sa déliquessence.

On se retrouvera derrière le rideau, quand j'aurai à mon tour trébuché sur la bûche de notre perdition.

Sa mort sera la mienne, un siège m'attend aussi en enfer.

 

11/02/2011

Tchin tchin.

P à notre trimestre cauchemardesque. L'enfer du premier.

L à notre pétard mouillé. L'illusion de la carence.

C à nos doux mots jamais conssentis. C'aurait pu être bien.

S au cable rompu. Trop de tension, dommage...

DH à ta sincérité, je n'étais pas ce tu voulais.

M à notre incartade loisible. Un brin d'interdit.

E au feu attisé. Le mec en moi...

A à notre vulgarité. Parce qu'il faut bien que le corps exulte.

G à ta tendresse. Je la cherchais mais avec un autre que toi, le temps détruit tout.

G à ton infamie. Je te maudis.

J à notre acte manqué. Avec des si on refait le monde, jamais je ne saurai.

JL à notre prise de tête. Plus d'énergie à perdre avec la connerie.

P à notre désespoir. Lequel eût enterré l'autre ?

R à notre manque de volonté. Pas la peine, pas envie...

V à notre dépravation jouissive. L'amour du risque, parce que tout est encore à perdre.

J à, je l'espère, ton souvenir heureux. No comment.

O à nos amours adolescentes. Un crash encore au sol.

 

 

05/02/2011

La marque de mon exécuteur..

Mon univers est traversé d'êtres stellaires, que j'ai marqués de mon emprunte, qui m'ont laissé la marque de l'infini.

J'ai frappé nos unions interdites du sceau synonyme.

Parce que le secret me sied et m'excite une fois partagé. je vais de déboires en déroute, d'aventures en impasse, c'est peut-être que je ne vois l'intérêt d'une vie rangée et paisible.

Et pourtant parfois tout ce fatras de chair m'insupporte. Je me sens aspiré par le fond tandis qu'une lame du même accabit me rejette en surface.

Sans issue.

A moins que, à moins que je ne me laisse faire, que j'admette la défaite, la souffrance ; OK pour le chaos.

Et là au détour des chemins de traverses, je cède enfin à mon exécuteur...

23/12/2010

Les étoiles au sol.

La claque,

Suis contre lui et tangue

Et là s'agenouiller et puis s'éprendre...

Après l'amour, je m'abandonne une seconde fois, seul cette fois au fond de moi.

Quand la nuit décroit, que l'on glisse d'entre mes bras, pour retrouver sa vie.

Je m'endors difficilement, la mort dans l'âme, j'implore les cieux au lieu de compter les moutons.

Au lendemain il n'y parait plus rien, le cours du ruisseau gelé, filtre sous la glace, ni chaud, ni froid, indemne, par volonté ou ténacité, meurtri mais aguerri.

Les heures s'égrainent sans pensées, rien que du vent.

Implacable destinée vouée au au caprice du large, mais les bateaux reviennent toujours au port, à moins d'une tempête, que de toute façon je ne pourrais gérer.

- Et toi comment vas-tu ? Je te trouve bien.

Oui, je brille de tous mes feux, mdr... De Bengale ? Non ceux d'un braséro au fond d'un tunnel pour quelque clochard frigorifié.

Pareil à cette neige scintillante qui s'amoncelle sous mes pas : c'est plein d'étoiles ! J'en suis une parmi des milliers d'autres ; je me piétine moi même.

Je poursuis, parce que je n'ai pas le choix.

Je marche, trébuche, tombe, me relève inlassablement...

Je marche, trébuche, tombe... crêve en latence.

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