vendredi, 26 décembre 2014

Les intermèdes d'Onan.

Je fais fi de chronologie.

C'en est déroutant, y compris pour moi même.

Les faits s’enchaînent à un rythme endiablé et je néglige leur développement en mettant en exergue l'un plutôt que l'autre, avant d'y revenir.

C'est probablement aussi que j'adhère au fouillis duquel ils naissent et sans doute j'en privilégierais certains si je n'avais cet esprit analytique, cette soif d'introspection, qui me pousse à tenter de comprendre le comment du pourquoi de mes actes.

Une genèse plus approfondie viendra en son temps mais pour l'heure je ne puis me livrer qu'à une dissection du sommaire.

Si il y eut un commencement, il m'est encore impossible de le dater avec précision hormis au jour même de ma naissance, mais en vertu du chapitre auquel mon actualité se rapporte, même si ses racines croissent en un humus antédiluvien, à mon sens cela ne remonte pas aussi loin ; à quelques mois à peine...

20:45 Écrit par SOUS X dans Les dérives d'Onan. | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 18 décembre 2014

Le quatrième mur.

Il aura suffi d'un simple sms, un de plus tu me diras... ni plus ni moins anodin que tous ceux qui l'ont précédé depuis ces trois dernières années, ni plus ni moins implicite et ambigu.

Rien, rien de plus... il n'était guère plus explicite, claire ou limpide que ceux qui le suivirent avant que je ne monte en voiture, mais celui-là seul réussit à me décider, je l'attendais comme un naufragé attend un navire salvateur en scrutant l'océan.

Et me voilà, j'accours, me perds en chemin, ne faux pas, et au moment de battre en retraite à contre coeur, je trouve enfin ton adresse.

Ta foudre instigatrice s'est maintenant enfouie en des profondeurs où la culpabilité sévit : tu ne veux plus, plus vraiment, mon retard aura eu raison de l'élan. Tant pis !

Tu me fais un café pour la route que je compte reprendre aussitôt. Mais soudain la fièvre renaît, plus forte que toi, moins que ma détermination.

Ca y est ! On succombe, tu bois à ma source, je tressaille, j'implose. Toute cette fichue retenue dont j'ai fait ton régime, s'apprête à jaillir ; c'est comme l'aboutissement d'une quête, sur le point de se voir couronnée par un succès dont je me suis délecté en pensées durant mes nuits solitaires.

Mais la machine se grippe, le train déraille, ça ne tourne pas rond, nos conceptions divergent, la réalité s'impose : ton attente n'est pas mienne, elle bute contre ma sphère, la perfore, la crève...

L'éclair !

Me voilà à part moi, je me dédouble, non, j'abandonne mon enveloppe corporel.

C'est Onan que tu pompes.

Je vous observe tous deux, je brise le quatrième mur, ce mur comme un miroir tronqué dont j'ai souffert le reflet par démission. Là, ridiculement navré, nostalgique de souvenirs fictifs, tandis que la passion à peine éclose rentre sous terre, que le fantasme revêt son habit de scène - ses artifices au paroxysme - que l'illusion qui m'a bercé jusqu' ici se meurt.

Je suis réduit au silence destructeur, celui où se répand tel le venin, ce désenchantement coutumier qui aujourd'hui m'indiffère plus qu'il ne m'accable, me nuit moins qu'il ne m'ennuie.

Colosse que j'aurais aimé étreindre, tu n'es plus que cendres dorées pareilles à celles dans lesquelles je me roule sans conviction. Ma vie est ailleurs, je regarde déjà au loin, le mur s'effondre.

C'est fini, c'est fini sans s’arrêter là.

Un café, tu me chasses presque, la foudre abattue dans ce sol infécond à fait ressurgir ton auto-accusation.

C'est fini sans s'arrêter là.

Cela se reproduira. Alors, avec toi je serai moi, ce moi en dehors de lui, contraire à son identité, galvaudé, trivialisé... pour le plaisir de chacun.

20:23 Écrit par SOUS X dans Ball-trap. | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : désillusion, foudre, éclair, fièvre

mardi, 25 novembre 2014

C'est ça...

- C'est quand même un monde de débauche...

Oui, c'est ça : strass et paillettes, plumes et travestissement. Rien de putassier cependant dans ce contexte, mais mon voisin de table commente le milieu dans sa généralité, tandis que nous nous laissons dérider par l'une de ses facettes.

- Et toi toujours seul ? Tu es en chasse alors ?

C'est ça, mais en chasse non. Du moins, lorsque je le suis, je tâche de ne rien en montrer, par fausse pudeur. Car en matière de débauche, j'en connais long, j'en connais un bout et parfois même un long bout.

J'ai toujours agi par défi, sans vénalité aucune, sinon celle d'arracher à la vie la jouissance clinquante de la liberté.

Une rock 'n' roll attitude pour pallier au manque, au vide que je n'ai aménagé que davantage en voulant le distancer.

C'est ça...

Je succombe toujours avec une aisance sordide, fausse vierge effarouchée, fausse putain triste, au détriment d'un épanouissement certain, si je m’étais fixé au soleil. Mais ma carapace fabriquée ne vaut pas l'ozonosphère... des UV comme la foudre, m'auraient brûlé instantanément si je n'avais préféré, en contrepartie, me consumer à petits feux.

Aujourd'hui mon excentricité se résume à mes profonds désirs de débutant : la laisse contre la liesse, tant mon sentiment est celui de n'avoir rien fait de mieux ou de pire que quiconque, de m'être fourvoyé par désenchantement, bercé d'illusions qu'en mon for intérieur je savais, d'entrée de jeu, annihilantes.

Mais si on choisit, on ne se refait pas, c'est Ça...

Qui sait où nous finirons pour la plupart ? Dans un recoin de l'enfer, sous une alcôve embrasée de flammes roses, un démon exhibant une queue et un cul inaccessibles, se gaussant de notre dérision, soulignant nos ratures et ratages... ou pire, à Derry dans le Maine, au fond des égouts aux prises avec une créature horrible, sans nom, innommable, un monstre aux mille visages, personnification de nos peurs ancestrales, une force surnaturelle issue des confins de l'espace, dont l'odeur méphitique nous rappellera subitement, celle que nous répandions inconsciemment autour de nous.

 

14:58 Écrit par SOUS X dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : ça, débauche, soleil, liesse, monstre, derry, maine

dimanche, 16 novembre 2014

La tête sur le billot.

 Qu'est ce qui nous retient ?

Tout est dit.

Le désir parallèle nous fait vibrer à nous glacer la peau et nous brûler le caleçon.

Le scrupule ? S'il nous avait incommodé, dès le départ nous aurions mis le holà.

Alors quoi ?

Moi, je ne sais pas, mais pour moi je sais : le doute.

La crainte qu'une fois pris, tu ne veuilles plus de moi.

Que le flux qui me transporte à toi essuie, après coup, un reflux qui m'abandonnerait en haute mer...

A la dérive, avec ce déferlent sentiment d'avoir été vaincu pour rien.

 

15:37 Écrit par SOUS X dans Ball-trap. | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 26 septembre 2014

S'agenouiller et puis s'éprendre.

En ta présence, je tremble comme une feuille confrontée à tous les vents.

L'attitude béate, timide à outrance, presque renfrogné, tantôt niais, tantôt omniscient.

Les yeux grands ouverts, puisant dans les tiens l'étincelle qui mettrait le feu aux poudres. Elle est là, aveuglante mais soutenable, au point que j'en arrive encore à clore les paupières contre toute attente, alors qu'elle me guide au travers mes nuits solitaires.

Tu te dévoiles une fois de plus, je me distille.

Et puis, je m'évapore. Je feins de rater le coche, de saisir le vide au lieu de la perche.

Je ne veux pas être celui par qui le scandale arrive.

Troublé, quel con, je formule, involontairement, mes pensées à l'envers, me perds en contradictions. Ce qui est dit est faux, ou plutôt livré à multiples interprétations.

Je t'en conjure, agrippe la bonne !

 

Ça continue : on s'attise et se déstabilise.

On joue ; malgré nous, suspendus à l'initiative que ni l'un ni l'autre nous prenons.

On se gaspille.

Je te retiens à l'heure du départ, et me retiens à l'abandon, la rage au ventre, la fièvre au corps.

Saisis-moi, attrape-moi... je cède sans me défendre. Supplante ma crainte, terrasse-moi ! Je suis déjà foudroyé.

Même, si je ne veux plus, comme jadis avec les autres, une fois le désir secoué, n'être étreint que par son souvenir. Une heure à dormir dans tes bras serait mon nirvana.

 

Tu t'enfuis avec un sourire entendu : j'ai laissé échapper une vérité à valeur de souhait, comme un clou que l'on enfonce un peu plus ; c'est délibéré. Tu as compris le message : reviens vite.

 

Je suis au cap où je n'aspire plus à rien, sinon à autre chose. Mais cette autre chose me semble aujourd'hui si désuète que je la dénigre presque.

Mes périples l'attisent en contre partie du renoncement qu'ils annoncent.

Passer d'aventures à l'aventure serait idéal, si l'essence est la même et le risque moindre.

Sauter de l'empalement au soutien ; de l'usage à l'habitude, du plaisir au désir...

Mais suis-je fait pour ça ? Et toi ?

Si la vie m'a parfois amené à ne plus me reconnaître, avec toi, je ne sais plus rien de moi...

 

20:18 Écrit par SOUS X dans Ball-trap. | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 05 septembre 2014

L'insoluble Monopoly.

L'attente : c'est le résultat du désir que quelque chose se passe, combiné à la peur que tout arrive.

J'en suis là. Quand tu dis je viens et que tu ne viens pas, j'en suis presque soulagé, mais en même temps cela m'affecte.

Et cependant nous n'en sommes toujours qu'au début de la partie.

Nous n'avons encore traversé de cases fatidiques ou fatales : charnel, amour, prison... adieu.

Nous stagnons sur celle départ.

Qu'adviendra-t-il quand les dès seront jetés ?

Au mieux, cela nous paraîtra une mauvaise idée. Ça me fera mal.

Au pire, nous endurerons. Ça nous fera peut-être mal...

18:05 Écrit par SOUS X dans Ball-trap. | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : monopoly, charnel, amour, prison

jeudi, 04 septembre 2014

Désillusion et désenchantement.

Élevé par mes pairs au rang de fantasme...

Je suis la carotte qu'on agite devant l'âne autant que le détonateur de passions inassouvies.

Le joujou salvateur de couples en perdition ou la réminiscence d'un souvenir heureux à l'aube des réjouissances.

Mais le temps joue contre moi. Là où autrefois j'étais encore apprenti puis enseignant, je ne suis plus à présent qu'un disciple parmi d'autres.

J'ai rejoint la cohue et m'y amalgame.

Mon sacre écorné au point de se corrompre.

Cela ne m’émeut outre mesure. C'est ainsi...

Je suis damné.

Et dans ma nasse ne s'agiteront toujours que des poissons d'eau froide... je crois.

22:34 Écrit par SOUS X dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fantasme, disciple, cohue

dimanche, 31 août 2014

La trappe.

Le premier appartement où j'ai vécu, sous son apparent confort, recelait de multiples imperfections et vices cachés.

Il avait été agencé sous la charpente d'une vieille salle de fête, entre ses versants pentus.

J'y ai passé près de dix années sous la férule de fuites d'eau, de courants d'air, d'odeurs nauséabondes indéfinissables et de courts circuits... sans jamais en arriver à bout.

Parfois du fond de mon lit, au dessus de ma tête, j'entendais comme des bruits de pas...

On marchait, on claudiquait plutôt dans cette portion de toit qui coiffait le bâtiment, si étroite à en juger par son aspect extérieur, que nul n'aurait pu s'y tenir debout, pas même accroupi.

Je n'ai jamais su de quoi il s'agissait. Si un animal quelconque y avait trouvé refuge, à mon sens, devait-il marcher sur deux pattes. Et auquel cas, si le tintamarre était l’œuvre d'un volatile, ce dernier était probablement chaussé de sabots !

Au niveau du palier, là où l'escalier formait un angle droit, une sorte trappe se découpait au plafond.

trappe,souterrains,souvenirCe n'était qu'un vulgaire panneau de bois, moins rectangle que carré, étroit, négligemment peint dans le même ton crème que le reste de la cage, sans système d'ouverture manifeste.

Il eût, de toutes façons, fallu une échelle pour y accéder.

 

Cet appartement c'est aujourd'hui ma tête.

La soupente investie de bruits étranges ; ma mémoire.

L'instigateur de ces bruits ; un souvenir, un fait, le souvenir de celui-ci, indatable encore, si tant est qu'il soit de mon temps.

Et cette trappe semblant infranchissable ; un passage gardé par un cerbère inhérent ou d'ailleurs.

 

Les secrets des êtres ne croupissent pas dans leurs fondations, leurs soubassements, leurs caves ou souterrains illusoires... mais dorment dans leurs combles, dans la pointe même de la pyramide, là où personne ne va - la peur au ventre - là où il est le plus difficile de pénétrer.

Rien ne remonte à la surface, tout y redescend.

Nul besoin de clés, un jour ou l'autre, en proie à la tempête, la partie la plus vulnérable d'un édifice, son sommet, finit par s'effondrer.

 

jeudi, 21 août 2014

Diaboliquement vôtre.

Je n'aime pas faire souffrir.

Cela m'arrive cependant.

Au profit d'une réflexion mal à propos, d'une humeur orageuse ou d'un demi-tour qui me semble alors approprié, quand il est difficile de mettre un terme à un tête-à-queue devenu rapidement ingérable.

Je fuis plus que j'affronte.

Ce n'est pas de la lâcheté, c'est dans cette même optique de ne pas faire mal, de damer le pion au conflit.

J'ai l'espoir que l'attente atténue, qu'elle tue la détermination ; j'ai l'espoir qu'on m'oublie.

Je me fiche alors des reproches dont on peut me couvrir, tant qu'ils ne sont pas inspirés par le mépris et qu'aucune forme de harcèlement ne s’immisce dans le non-dit.

Car, j'assume sans tenter de me déculpabiliser.

Ma règle est que céder, n'inclut pas une garantie.

Si l'honneur n'est sauf, au prix de la dérobade, il peut cependant préserver son aura.

Quelle que soit l'offensive et le consentement que je lui accorde, il vaut mieux me tenir en respect : me faire endosser l'entière responsabilité d'actes dont je ne suis l’instigateur, réveillerait arbitrairement la bête en moi.

Péril en la demeure, carnage assuré.

 

Depuis peu, je crois avoir mis le doigt dans un engrenage dont il ne me sera guère évident de l'y retirer sans dommage collatéral : trop de promiscuité !

Mais le risque et ses dangers, font partie de ces petits plaisirs que l'on aime à s'accorder parfois... surtout quand on me tend la perche.

15:30 Écrit par SOUS X dans Général | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 15 août 2014

Fenêtre aveugle sur cour murée.

Il y a un nombre de faits marquants que je n'ai jamais réussi à traiter. Bridé par une négligence légitime, que l'on pourrait tout aussi bien nommer pudeur, ou incapacité : l'impact désintègre mes mots.

Si je parviens à écrire dans l'urgence, il m'est impossible de relater sous une trop vive émotion. J'ai besoin de digestion, probablement parce que c'est dans une forme de détachement que je trouve mon aisance.

Il n'en demeure pas moins que le ressenti est intact, même si je le consigne une fois que j'en ai fait le tour.

Il y va de cette tare quand il s'agit de la mort d'intimes.

J'avais autrefois un ami, à qui il fut donné de vivre un sort professionnel similaire au mien – autrement dit brimant -et, en parallèle, un sort intime qu'il ne m'est permis de juger sans en connaître tous les ressors, mais qui au premier regard m’apparaît comme empreint de non-dits fatidiques.

Un soir d'ivresse, il avait déclaré facétieux : « Si un jour elle et moi on se quitte, toi et moi on se mettra ensemble... »

Une perspective que je ne concevais pas à l'époque, aveuglé par quelque idéal.

Au pire de nos traversées, s'il cherchait réconfort à mes cotés, je ne lui rendis jamais la pareille. De nature peu plaintive et davantage mutique, je me refuse toujours à emmerder mon monde avec mes problèmes.

Je suis un con pudibond.

J'ignore si un jour, il à pu considérer ma réserve comme une sorte de... divorce.

La dernière fois où nous nous sommes vus, il était au plus mal. J'ai raté le coche : j'ai manqué de le rassurer, l’exhortant plutôt à réagir pour vaincre ses maux assassins.

Je n'ai pas appréhendé un instant, quelle solution radicale cheminait déjà dans son esprit.

Quelques mois plus tard il choisit sa manière de triompher de ses démons... en allant les rejoindre.

Il ne se passe pas un jour, sans que je ne pense à lui.

17:12 Écrit par SOUS X dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : écriture, désespoir, suicide